19.03.2010
55 % d'abstention ...
Les tricolores n'en reviennent pas eux-mêmes : voici qu'ils se sont et vont s'abstenir dans une proportion très forte, plus d'un votant sur deux. Très forte si l'on compare le taux en question à ce qui doit être comparé, à savoir la participation moyenne en France. Pas si dramatique que ça, si on compare ce même taux à celui d'autres démocraties de l'Europe.
On peut mettre ce désintérêt du citoyen d'Outre Jura au passif d'un système électoral régional complexe, interpénétré et surtout pas limpide du tout. On peut aussi mettre en cause la politique misérablement rétrograde du Blingprésident et de sa cour, qui de plus en plus ressemble à une cour des miracles qui ne fonctionne pas avec des ministres avec portefeuille mais sans idées. Sur ce point un coup de fil à Rome serait judicieux encore ce samedi si Sarko 1er ne veut pas voir dimanche 21 mars par trop ressembler à une bérézina funeste dans son annonciation, ceci malgré l'arrivée du printemps.

16:39 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : abstention, démocratie, régionales, france
17.03.2010
Intime conviction en fin de vie
Il y a longtemps sur ce blog que l'on combat le concept d'intime conviction en matière pénale, cette excroissance antinaturelle du droit héritée d'époques heureusement révolues.
Et même si c'est un peu en prêchant dans le désert, on ne s'est jamais départi de ce point de vue. Précédent le sillage du jugement à lire demain après-midi dans l'affaire L., dans lequel on risque fort d'entendre parler encore une fois d'intime conviction, il y a une bonne nouvelle au moins dans ce domaine : la Cour européenne des droits de l'hommes dans un arrêt récent T., certes non encore complètement exécutoire, a déclaré contraire au texte de la Convention un jugement d'un tribunal belge au motif que le condamné ne pouvait connaître et dès lors attaquer un jugement reposant simplement sur l'intime conviction sans explications sur la formation expresse de cette conviction. La Belgique a en plus été condamnée dans cette affaire, ce qui n'est pas toujours le cas.

Même si l'intime conviction est souvent plus critiquée chez les jurés que chez les juges professionnels, il ne faut pas perdre de vue que dans la corporation de ces derniers se nichent nombre de paresseux, de corps comme d'esprit que le principe de l'intime conviction arrangeait bien, surtout juste avant l'heure de l'apéro.
En Suisse et en raison de l'apparition assez étrange d'une procédure pénale unifiée dès 2011, les jurys populaires vont disparaître, ce qui est une bonne chose.
17:49 Publié dans Judiciaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : intime conviction, condamnations pénales, fin
12.03.2010
La nécessaire mort de la concordance
Il est encore de nombreux tenants de la politique du compromis, de l'entente cordiale, de la formule magique, de la collégialité érigée en dogme, de la fameuse concordance. Ils ont tort.
Si cette façon de gouverner héritée non pas de 1848 mais plutôt de 1874 a produit un certain nombre d'avancées, elle a aussi, historiquement, généré nombre de cacades et ratages, tous plus vite oubliés que fabriqués dans une Berne fédérale sur laquelle régnèrent jadis quelques politiciens de calibre.
Car aux côtés du principe de cette entente se tenaient en son temps des statures, des hommes (et pas de femmes) capables de dépasser ce brouet forcé pour faire avancer le pays. On abordait en plus les trente glorieuses, les budgets explosaient à un rythme que même l'augmentation du nombre de fonctionnaires inutiles n'a jamais réussi à devancer.

Puis survinrent quelques crises, quelques changements majeurs de société, quelques bouleversements des équilibres géostratégiques que nos braves élus oublièrent au passage comme s'ils ne s'agissait que de simples péripéties de l'histoire. Les derniers des Mohicans fédéraux avaient le front bas et la mine grise un fameux 6 décembre 1992 au soir : ils ne tardèrent pas à tirer leur révérence.
Depuis lors et à quelques exceptions près, on n'assiste non plus à l'exercice du pouvoir mais à la mise en œuvre, par des politiciens transformés en grands commis administratifs de l'Etat, de ce que les services fédéraux concoctent à longueur d'années pour justifier leur présence.
17:03 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concordance, formule magique, suisse, fin


