24 Heures

29.10.2009

Pourquoi le Matin orange va mourir

On connaît la haute teneur pipolistique du Matin orange de la semaine : cette haute teneur en sottises est à l'image de la faible teneur en reportages d'intérêts. Mais aussi à la haute teneur en façon de piquer les idées que d'autres ont présentées il y a des mois ou des années pour en fabriquer des scoops bien populistes.

Si l'on prend par exemple la livraison de ce matin jeudi 29 octobre, un plumitif qui sévit dans cette brillante équipe du nom de Victor Fingal est excité comme un pou fumant à l'idée de pouvoir annoncer tout à trac, Mesdames et Messieurs, que les grandes banques suisses ne vont pas payer d'impôts pendant des années, ceci même si elles font de juteux bénéfices, en 2009, pour le CS notamment.

Il y a très exactement 16 mois ( 5 juillet 2008)  que ce blog a fait l'analyse et présenté cet aspect des choses.En matière de scoop, le Matin  peut donc repasser.

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En plus lorsqu’on consulte les statistiques IP des visiteurs d’un blog, on s’aperçoit d’une facheuse tendance au copier coller de la part d’adresses IP appartenant à Edipresse Lausanne. Ainsi donc, non contents de fabriquer un journalisme de chiottes sur les sujets abordés, l’équipe du Matin n’a visiblement pas vraiment de repères sur le plan éthique et professionnel : on pille et ensuite on regarde passer les trains.

A propos de train, on ne doit jamais se réjouir du malheur des autres. Mais est-ce un malheur si le Matin Orange de la semaine disparaît. Sans doute pour certains de ses travailleurs, mais en tous cas pas pour le lecteur, qui n’en est d’ailleurs même plus un puisque seuls des repiquages du style de celui cité plus haut ou la couleur des dernières culottes de Amy Whinehouse préoccupent la rédaction de l’avenue de la Gare.

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28.10.2009

Infrarouge : l'émission invisible

A l'image des rayons infra-rouges, ce talk-show de la TSR est tellement insignifiant qu'il en devient invisible. On a appris dans les écoles de journalisme à Mamanbachi qu'il fallait du rythme dans une émission, mais elle coupe tellement mal à propos la parole aux invités lorsqu'enfin ils se décident à commencer une phrase intelligente que ce n'est plus du rythme mais une pure cacophonie inutile et prétentieuse qu'elle donne à son bébé.

Hier soir, le numéro était censé traiter de la question libyenne. Et pour celà la TSR avait cru bon d'inviter deux "stars" qui n'étaient là que pour vendre leurs salades, Ziegler le bédouin informe et brouillon, et Fehr le nationaliste neinsager patenté, qui, et c'est peut-être le seul mérite de l'émission, semble quand même capable de faire une phrase intelligible, même si elle est contraire à ce qu'il pense.

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La TSR a pris sur elle de médiatiser l'affaire des otages et a sorti en premier le "scoop" de la femme de l'un des otages qui montrait son visage et celui de son mari. Elle a droit au respect, mais à un autre respect que celui mis en scène hier soir par la TSR qui confond information et sensation.

Seules une ou deux phrases de provenance françaises intéressantes ont surgi devant un parterre de voyeurs mous, mises en ondes par une Esther excitée comme avant le départ d'un marathon, le tout expédié en un temps tellement record pour tenir l'horaire que finalement ça desservait profondément le sujet, par ailleurs non traité, ou alors effleuré tout au plus sur le fond.

 

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27.10.2009

Le virus Kadafix 09 B ?

Et voilà que pour la énième fois, mais au moins la deuxième fois officiellement en deux ans le DFAE se fait pirater méchamment son réseau par quelques mercenaires venus d'ailleurs.

Et voilà la énième fois que l'on paraît penauds et stupides. On ne sait même pas quel est le nombre et la nature des informations piratées, ni comment évidemment les petits malins se sont introduits dans le système.

Pour "rassurer" la population, le DFAE a sorti un guignol de sa poche qui, prenant la qualité de porte-parole a prétendu que "ce piratage était une affaire de professionnels".

Délicieuse conclusion hâtive quand on sait justement que dans la Berne fédérale on ne sait rien.

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Et simultanément, le Département des finances et le département militaire y sont aussi allés de leurs intrusions respectives, mais qui semble-t-il ont fait moins de dégâts.

L'informatique fédérale est à l'image du sens politique du Conseil fédéral et de son grand vizir Merz : nullissime. Nos données sont à la portée de n'importe qui ou presque, et on préfère en l'état débattre de nouveaux avions de combats bien trop chers pour nous que de mettre un verrou un peu sûr à ces systèmes.

 

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21.10.2009

Kadhafi : on déjeûne à 3 plats ...

Plutôt que de se préoccuper du sort des otages helvétiques dans la grande Jamahiriya, et alors même que les services officiels ont perdu leur trace sur les terres du guide suprême, nos vieilles barbes du Conseil fédéral et leurs collègues féminines ont trouvé plus intelligent d'aller festoyer pour fêter, à juste titre, le départ à la retraite de l'oblongue capsule confédérale.

On ne rate pas une occasion comme ça de manger à l'œil, surtout que la semaine prochaine le père Hans-Rudolf est occupé ailleurs, par un bridge sans doute, et ne pourra donc pas jouer avec ses petits camarades. En attendant, on croupit de l'autre côté de Mare Nostrum, et visiblement tout le monde s'en fout.

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On a bien envoyé un avion cette semaine, mais comme d'habitude c'est très vide qu'il est revenu.

Leurs éminences bernoises démontrent plusieurs choses dans cette affaire :  leur incroyable isolement international, le peu de cas que l'on fait de la Suisse et de ses quelques ridicules avions qui volent de temps à autre et le manque total de jugeote dont ils ont fait preuve dans cette histoire.

S'ils continuent sur la même voie que celle qui devait permettre aux otages de revenir en août, en septembre, puis en octobre, puis .... , il n'y a aucune chance pour qu'ils ne restent pas quelques années au soleil des dattes libyennes.

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19.10.2009

Banques : gangstérisme politique

Il y a déjà quelques semaines que l’on sait officiellement que les managers banquiers US, suisses et anglais vont recevoir en 2009 plus de bonus encore qu’ils n’en ont reçu en 2007. Au fond, juste une petite année passée à devoir vivre sur leurs « maigres » économies, et la folie a repris.

On évoque des chiffres ahurissants en centaines de milliards : eux rient sous cape et nous refont le coup de l’éternel « retour plus rapide de la bourse vers la santé que celui de l’économie réelle ».

G20, hommes politiques, responsables, experts, tout ce beau monde miné par la corruption ou des formes atténuées mais bien réelles de cette dernière avait juré ses grands dieux qu’on ne l’y reprendrait plus : les excès du capitalisme pur et dur sont terminés, avaient-ils clamés, tout en sirotant leur cocktail.

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De fait et comme on s’y attendait, ces intentions qui n’en n’étaient même pas sont restées lettre morte. La crise touche l’Europe, la Suisse et les USA comme jamais depuis plus de 50 ans, et le personnel politique ne bronche pas une oreille. Il va même jusqu’à emprunter partiellement le discours des banquiers pour se rassurer sur la probable durée de la crise.

Les nouveaux produits structurés mis en place par les banques sont encore plus fous que les anciens, les risques pris encore plus grands, la régulation espérée n’existe pas du tout, ni en fait ni en droit.

 

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15.10.2009

Sarkozie : schizophrénie politique ?

Nos braves voisins tricolores n'en peuvent plus : juste une semaine après les frasques de Mitterrand qui a été prié de changer de braquet, voici le fils Jean de papa Nicolas qui hérite d'une mini-couronne en application stricte du principe de népotisme le plus courant chez les rois de France.

Et la France de s'emballer. Même Edwy Plénel sur Médiapart ne contient plus les poils énervés de sa moustache proverbiale : "Décidément, ce pouvoir n'est pas simplement le prolongement des dérives présidentialistes précédentes. Les aggravant et les dépassant, il enfante une nouvelle réalité politique qui ébranle notre socle démocratique et républicain. Corrupteur de l'esprit public, il brouille la nécessaire frontière entre passions privées et responsabilités publiques" écrit-il aujourd'hui dans une envolée lyrique digne du second empire.

A l'époque de Tonton, il aurait pu écrire la même phrase  ...

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Etrange comportement donc que le comportement politique français : alors que le pays est dans une panade économico-politique pas triste depuis 30 années consécutives de déficits publics, alors que le Français est champion du monde des vacances (avec le Brésilien certes, avec 41 jours par année ), tous les cinq ans il élit son roi et souhaite que ce dernier se comporte comme tel.

Il a un besoin viscéral d'une sorte de guignol élyséen sur lequel il va pouvoir tirer, sauf qu'en tirant sur la ficelle, la marionnette ne bouge pas les jambes.

En effet,  à peine le trône est-il occupé par un nouvel élu que les critiques pleuvent. A croire que pour survivre le Français moyen doit pouvoir exprimer en permanence sa schizophrénie politique en râlant dès le premier petit-déjeûner du nouveau roi. Certes Sarkozy est un monarque particulièrement désagréable, manipulateur et inculte.

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14.10.2009

UBS : l'abus de confiance politique

12 millions de plus pour UBS

Il y a déjà quelque temps que l'UBS tente de se faire plus ou moins oublier dans les médias, surtout en ce qui concerne son incapacité à retrouver les profits alors que les banques étrangères en font comme jamais (terriblement moral tout ça). Surtout aussi en ce qui concerne la quotité du dommage qu'elle a fait subir à la place financière suisse par son comportement débile et irresponsable, ainsi qu'à l'image de la Suisse en général.

Et presque en catimini, voici que la délégation des finances des Chambres fédérales vient de libérer une première tranche de près de 13 nouveaux millions pour payer une première petite partie des dégâts indirects causés au pays par l'UBS, collatéralement estimés à cinquante millions par Hans Rudolf le consultant magnifique reconverti en pseudo conseiller fédéral sans légitimité.

Certes en l'état, ce n'est "qu'une" délégation des finances qui a pris cette décision. Mais nul doute que le Parlement va suivre sans broncher, dans un élan que les moutons blancs, jaunes ou noirs ne renieraient pas. D'ailleurs, la décision date de hier 13 octobre, en tous cas sa publication, et personne ne bronche.

 

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Il est devenu complètement inintéressant de déverser ou non milliards et millions pour combler les trous UBS : la population est résignée et sait que quelle que soit la couleur politique des élus, ils ne la soutiendront pas.

On préfère parler minarets, assurance-maladie, chômage, gel des salaires, licenciements, etc. et pendant ce temps, le parlement dépense à qui mieux mieux l'argent confié.

En somme cet argent confié publiquement à la gestion des gouvernants devrait pouvoir être considéré comme de l'argent confié au sens du droit pénal et donc en cas de mauvause gestion faire l'objet de plainte pénale en bonne et due forme pour abus de confiance.

Mais comme le monde des juges est encore moins reluisant que celui des politiques, il n'y a rien à espérer de ce genre de démarches.

 

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07.10.2009

ORS Service AG : Swiss migrant business

On connaît la problématique complexe de l'accueil de requérants d'asile de toutes nationalités, en particulier à travers les CEP de Vallorbe, de Chiasso de Bâle ou de Kreuzlingen, qui sont les premiers passages obligés fédéraux des migrants. Ces "magnifiques" centres sont évidemment dirigés par des chefs, si possible suisses alémaniques et un peu militaires, qui se nomment chefs de centre.

Ils ont tous une belle carte de visite de la Confédération, respectivement de l'Office fédéral des Migrations. On pourrait donc presque croire qu'ils exercent la puissance publique au nom du pays dans leur activité. La réalité est pourtant nettement plus complexe.

A part tous les fonctionnaires de l'ODM  chargés de l'accueil du migrant,  celui qui cherche un peu trouve là au milieu une structure parfaitement commerciale et destinée à faire du profit qui s'appelle ORS Service  SA avec siège à Zurich: et quand on demande à l'un de ses cadres romands si c'est bien ça,  une boîte privée à faire du fric donc, il a du mal à le contester et sourit d'un air entendu...

La où la chatte commence à avoir mal aux pieds, c'est que l'employé privé de ORS Service SA  a deux mails sur sa carte de visite  : un auprès de ors.ch et un .... auprès de l'Office fédéral des Migrations (@bfm.admin.ch). Étrange mélange des genres

La structure faitière de l'organisation de cette société anonyme commerciale en dit plus long que tous les discours sur ses objectifs :

Directeur
Eric Jaun

Directeur opérationnel des mandats fédéraux
Martin Baumann
Économiste d'entreprise ESCEA/HES

Directrice des Finances
Maria Sessa
Master Accounting and Finance

Directeur opérationnel du canton de Zurich
René Burkhalter
Hôtelier/Restaurateur -Dipl. féd. HES

Directeur Marketing
Roman Della Rossa
Directeur d'institution sociale diplômé, brevet fédéral de technicien en marketing etc...

On ne voit donc, dans ces hautes sphères qui font même du "marketing de réfugié" que des financiers qui ne sont guère des travailleurs sociaux, même du dimanche.

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Et quand on cherche un peu plus loin, on apprend que ORS Service  AG, évidemment certifiée ISO machin truc par ... la Confédération, ce sont :

Gestion des 7 centres de la Confédération
Plus de 50 centres d’hébergement collectifs et communaux
Plus de 4'000 requérants d’asile par jour => plus de 1'400'000 de jours d’encadrement par an (à combien de centaines de francs le mandat par jour ?)
Plus de 300 collaboratrices et collaborateurs
Des années d’expérience dans la gestion des établissements d’asile et de réfugiés (depuis 1992) etc.

Et en Suisse romande ils se cachent dans les CEP ou auprès des postes de police comme celui de l'aéroport de Genève-Cointrin, dans une façon de cohabiter pas très transparente.

 

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