24 Heures

12.03.2010

La nécessaire mort de la concordance

Il est encore de nombreux tenants de la politique du compromis, de l'entente cordiale, de la formule magique, de la collégialité érigée en dogme, de la fameuse concordance. Ils ont tort.

Si cette façon de gouverner héritée non pas de 1848 mais plutôt de 1874 a produit un certain nombre d'avancées, elle a aussi, historiquement, généré nombre de cacades et ratages, tous plus vite oubliés que fabriqués dans une Berne fédérale sur laquelle régnèrent jadis quelques politiciens de calibre.

Car aux côtés du principe de cette entente se tenaient en son temps des statures, des hommes (et pas de femmes) capables de dépasser ce brouet forcé pour faire avancer le pays. On abordait en plus les trente glorieuses, les budgets explosaient à un rythme que même l'augmentation du nombre de fonctionnaires inutiles n'a jamais réussi à devancer.

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Puis survinrent quelques crises, quelques changements majeurs de société, quelques bouleversements des équilibres géostratégiques que nos braves élus oublièrent au passage comme s'ils ne s'agissait que de simples péripéties de l'histoire. Les derniers des Mohicans fédéraux avaient le front bas et la mine grise un fameux 6 décembre 1992 au soir : ils ne tardèrent pas à tirer leur révérence.

Depuis lors et à quelques exceptions près, on n'assiste non plus à l'exercice du pouvoir mais à la mise en œuvre, par des politiciens transformés en grands commis administratifs de l'Etat, de ce que les services fédéraux concoctent à longueur d'années pour justifier leur présence.

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10.03.2010

Le Parlement cède : enfonçons le clou

C'est fou comme le parlementaire de tous poils a la trouille de ne pas être réélu dans son confortable fauteuil de velours et dans ses avantages pécuniaires et autres. Il suffit que le peuple le gifle à bon escient un dimanche pour qu'il remette immédiatement le mercredi déjà les pendules à l'heure et se soucie soudain un peu plus, pas assez encore, du sort des citoyens de ce pays.

Le Conseil national est en effet revenu aujourd'hui sur ses positions débiles antérieures au sujet de la loi sur le chômage, au nom de la justice sociale ...

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Le dramatique PLR Charles Favre, sorte de gnome UDC qui s'ignore, n'hésite évidemment pas à montrer sa bouille inénarrable en première page du Temps pour parler de "juste équilibre entre le souci social et responsabilité" justifiant son opposition manifestée jusque dans le dernier vote à toute main tendue vers le chômeur.

En fait, il ne pense pas une seule seconde ce qu'il dit, mais devait bien trouver une explication politiquement correcte à ce soudain retour de manivelle.

 

08.03.2010

Quincaillerie fédérale

En prenant une mémorable claque ce weekend, la partie bourgeoise du Conseil fédéral et le personnel politique suisse de droite ont la gueule enfarinée depuis hier, se confondant en misérables et vaines explications au terme desquelles le peuple finit toujours par avoir mal compris et fait des amalgames inappropriés.

A propos d'amalgame, la simple conception du plombage LPP rejeté hier a coûté quelques bonnes dizaines de millions de francs en rémunération de glossateurs débiles et de spécialistes pas nets, grâce à l'inefficacité parlementaire suisse proverbiale. Même dans la défaite experts et scribouillards s'en tirent toujours car ils ont pu vendre leurs salades avant qu'elles ne deviennent inutiles ...

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Les braves commentateurs de la presse standard se sont rués exclusivement sur l'avis du peuple allié au nécessaire rééquilibrage des retraites en fonction de l'allongement de la durée de vie pour expliquer le résultat. Le juste milieu qui ne mène à rien et ne veut rien dire.

En revanche aucun ne s'est risqué à constater que la faiblesse du personnel politique suisse et du gouvernement en particulier à la suite de cette votation devrait donner un sérieux coup de pouce à la future votation sur l'élection du Conseil fédéral par le peuple. Car défiance il y a et défiance il y a raison d'avoir. Merz devrait avoir disparu depuis des mois dans une démocratie normale. Burkhalter est une erreur de casting grave et Doris a une idée de la politique aussi habile que Wawrinka du tennis en coupe Davis (et en général).

 

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02.03.2010

La râpe fédérale

Quelle que soit la matière que l'on considère, si elle comprend un iota de social, le Parlement actuel va chercher à en râper les coûts au détriment de la population. De révision en révision, l'AI subit les assauts qu'on connaît : à ce rythme, un poly-traumatisé sera considéré comme complètement apte à courir le 100 mètres avant 2015.

Le jeune chômeur ne touchera pas un sou avant l'âge de 55 ans au moins, pour éviter qu'il ne prenne de mauvaises habitudes. L'assuré-maladie payera encore trois fois plus qu'aujourd'hui pour bénéficier d'une médecine aussi subtile et professionnelle que celle qui a inventé les risques de la grippe AH1N1 et géré sa juteuse "pandémie".

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Le risque accidents sera supprimé au motif que le principe de précaution est la règle et l'AVS diminuera ses prestations de façon drastique.

Contrairement aux apparences, il n'y a aucun élément de politique-fiction dans cette courte énumération, mais simplement le résultat d'un entêtement stupide des majorités bourgeoises du Parlement qui sont comme atteintes d'une maladie de la langue bleue très grave et particulièrement contagieuse.

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01.03.2010

60 % de non le 7 mars

Notre brave Conseil fédéral use et abuse de sondages, notamment venant de GFS. Mais depuis la célèbre plantée des minarets encore récente, motus et bouche cousue, on ne sait pas officiellement ce que disent les sondages commandés par les "Sages".

De leur côté, les partis bourgeois se paient aussi des tranches gargantuesques de sondages, et là c'est aussi le calme plat. C'est fou quand même comme la discrétion l'emporte sur le triomphalisme quand on sait, depuis déjà bien quelques semaines , qu'on va se ramasser une claque technique et politique sur un sujet mal ficelé et injuste comme seuls savent le concocter les partis de droite.

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Car dans les sondages sous embargos, une seule chose ressort clairement sur les votations concernant le 2e pilier du 7 mars prochain : la droite va en droite ligne, le cas de dire,  à la claque historique et annonciatrice d'autres défaites. Selon les versions, on a 60, voire même 65 % de refus de l'abaissement du taux LPP. Une telle ampleur de score signifie clairement le désaveu de toute une politique, qui ne mérite d'ailleurs même plus ce nom mais devrait s'appeler manie ou phobie ou même maladie politique.

24.02.2010

Vallorbe : radicale pataugée

Ils sont affables, rondouillets, patelins et très radicaux dans leurs habitudes. Ils fréquentent toujours le même bistrot depuis des lustres, chez Quinquin (pas Ouin Ouin) pour y définir leur "stratégie", et pour y satisfaire à d'autres besoins vitaux.

Le radicalisme vallorbier est un concentré de ce que la politique vaudoise produit comme pragmatisme opportuniste voire populiste de ce côté de l'échiquier politique.

Certains de ses membres ont même carrément la stature UDC chevillée au corps. Or en décembre 2009, leur président local, le sémillant Bernard Haldemann, a déposé une motion pour que la Municipalité étudie le retour à l'élection majoritaire à deux tours pour le Conseil communal.

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Et il fallait que ça aille vite pour que tout soit sous toit avant le 30 juin 2010, date légale limite pour les changements de mode de scrutin l'année précédent les élections.

Pour une cité de plus de 3000 habitants, c'est bien sûr une régression politique et démocratique grave, mais bon, puisqu'à Vallorbe ce que le radical veut il l'obtient, on se bornera à constater les dégâts. Il faut dire que les membres de la gauche locale n'ont pratiquement pas réagi à cette proposition.

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16.02.2010

Défi aux voleurs de rentes

Le 7 mars le peuple est appelé à se prononcer sur une baisse du taux de capitalisation LPP, ou pour être plus simple, sur la mort annoncée depuis longtemps du 2e pilier et de ses obligations constitutionnelles en terme de maintien du pouvoir d'achat. Malgré des dizaines de millions dépensés pour tenter de convaincre le corps électoral de voter contre son propre intérêt, millions ponctionnés sur les rendements qui reviendraient au peuple des assurés si les caisses n'étaient pas gérées par des gangsters de façon arbitraire et scandaleuse depuis dix ans au moins, il se trouve depuis peu quelques semeurs de trouble pour ne pas dire plus dans les rangs des patrons de caisses.

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En effet, selon des représentants des caisses elles-mêmes, une baisse des rentes menace l'objectif d'une retraite dans la dignité, selon des membres de conseils de fondation ou experts en caisses de pensions. Contrairement à l'association de la branche, ils sont contre la baisse du taux de conversion soumise au peuple le 7 mars. Selon eux, le démantèlement prévu des prestations ébranle la confiance des assurés envers la prévoyance professionnelle, dont les promesses ne seraient plus tenues.

09.02.2010

75 % d'impôt pour les nantis : une juste mesure

Beaucoup de spécialistes et d'économistes se sont penchés depuis belle lurette sur la pression fiscale, sur les taux d'imposition et singulièrement sur la question hautement politique de la fixation d'un taux ou d'un tranche maximale pouvant frapper les revenus importants. Sous l'impulsion de distingués penseurs libéraux et néo-libéraux, l'idée générale d'un taux considéré comme confiscatoire s'il dépasse le seuil de 50 % a fait son chemin et participe de nos jours des croyances populaires.

Un certain Laffer a même construit de toutes pièces une courbe en cloche pour démontrer, soi-disant, la baisse de rentabilité de l'imposition à partir de ce seuil, voire même la mort à terme de la matière fiscale si on lui fait subir une trop forte pression. Les équipes ayant travaillé sur la modélisation de la courbe de Laffer à la fin des années 1970 ont évidemment posé des hypothèses à leurs travaux, si on peut parler de travaux et non d'oraisons. Parmi ces hypothèses, on notera celle, de base, qui ne tient compte que d'une économie fermée (elle s'arrête aux frontières des États ..). Étrange vision du libéralisme ....

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Mais ce n'est pas tout, les théoriciens qui ont tenté de modéliser la pensée d'Adam Smith selon laquelle "l'impôt tue l'impôt" ont réussi le tour de force de rajouter comme hypothèse le principe quasi cardinal selon lequel les agents économiques agissent rationnellement : en gros, plus on se rapprocherait du taux de 100 % moins les travailleurs auraient envie de travailler ...

Ce qu'ils ont oublié, dans leur immense application destinée à fausser les perceptions populaires et à permettre aux ultra-riches de s'enrichir encore plus, c'est que l'individu ne travaille pas souvent pour son plaisir. En tous cas pas à la caisse de la Migroop ou à l'usine X.

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05.02.2010

2e pilier : la droite au casse-pipe

Avec l'appui logistique et financier des assurances, ou plus exactement en puisant par dizaines de millions dans les caisses des mêmes assurances (et assurés donc) pour financer une campagne débile pour une proposition qui l'est encore plus mais qui a passé la rampe des Chambres fédérales, la droite est en train, une nouvelle fois, d'aller au casse-pipe, et c'est tant mieux.

On ne touche pas à des acquis sociaux minmaux et surtout au porte-monnaie du contribuable assuré après lui avoir promis monts et merveilles sur le système de la capitalisation, ce même système qui permet tous les excès en particulier au niveau des bonus et autres friandises bancaires ou de groupes de bancassurances. La gueule enfarinée les élus de droite ne savent plus à quelle mamelle têter pour trouver des arguments intelligents.

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Il faut dire que dans ces formations, le pourcentage d'imbéciles heureux le dispute à celui des naïfs compromis ou des profiteurs. Ces zèbres ont voulu inventer un modèle de retraite qui soit performant : ils se retrouvent avec une vieille bagnole rouillée et pourrie à peine digne du système de retraite du Malawi.

La défaite béréziniaque annoncée par les sondages payés cher mais tenus étrangement secrets en violation de toutes les dispositions réglementaires sur l'obligation d'informer sera une étape dans la reconstruction pénible mais juste d'une sécurtié sociale digne de ce nom et dans un pays qui dispose largement de quoi faire en sorte que la dignité minimale du retraité soit assurée.

 

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03.02.2010

Merz, le pape Benêt 16 et sa cour

Depuis quelques semaines, à l'initiative de nos scénaristes débiles de la capitale fédérale, on assiste à un raz de marée de désinformation caractérisée. Désinformation d'ailleurs reprise en chœur par les avocats-fiscalistes autoproclamés (une espèce proche du crapaud gonflé et qui n'a aucune qualification reconnue comme telle)  qui se répandent avec délectation dans la presse et y racontent n'importe quoi.

Comme s'y répandent les fines lames de la presse d'analyse ou encore le gros des troupes des politiques bêlants et qui ne comprennent même pas ce qu'ils lisent.

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Le brave Hans-Rudolf se trompe de cible depuis des mois voire des années (c'est aussi courant que le sourire bête chez lui), en menant sa croisade pour renouveler les conventions de double imposition conclues par la Suisse.

De telles conventions fiscales existent en effet, et il faut le rappeler en soulignant trois fois, exclusivement pour éviter la double imposition et régler les modalités pratiques prévues pour l'éviter ou se conformer à ce but.

Dans cette optique, et seulement dans cette optique, il existe différentes clauses d'échange de renseignements, possibles et ceci seulement dans le cadre de  l'application de la convention donnée entre le pays X et la Suisse (et non pas pour devenir un évangile selon Hans Rudolf, Sarkolèon, la sémillante Lagarde, le révérend Woerth ou encore sainte Angela de l'outre-Rhin).

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