04.06.2009
Crise: incurie helvétique
Comme d’habitude la brave Doris et ses collègues du Conseil fédéral attendent. On ne sait pas très bien quoi, sinon des chiffres que l’on connaît déjà, mais qu’ils préfèrent ne pas regarder en face, à l’image de ce qu’ils faisaient en automne 2008 en déclarant que la Suisse ne serait pas touchée, ou presque pas par la crise. Aucune raison d’agir maintenant quand on pourra le cas échéant dormir encore deux mois avant de réfléchir…
Il faut même qu’Adecco, qui n’a rien d’un service fédéral, se livre à une enquête en bonne et due forme pour annoncer aujourd’hui que dans les 12 prochains mois, soit jusqu’en mai 2010 …, 40 % en moyenne des entreprises vont licencier, et 55 % dans le secteur industriel. Pendant ce temps le SECO, ce récipient de fonctionnaires déconnectés dormant sur de petits nuages roses ou/et téléchargeant à fond sur Facebook, annonce déjà la sortie de crise …

Alors que pour UBS la banque bancale sauvée de justesse de la faillite en automne 2008, le Conseil fédéral est allé jusqu’à tordre impunément le droit suisse en appliquant des mesures urgentes à une cause soi-disant nationale, s’agissant de la crise et des mesures de politique conjoncturelles, il “agit” comme d’habitude, à savoir comme si rien d’étrange ne se passait.
Or non seulement le chômage augmente, mais les prix baissent lentement, le crédit se resserre et la spirale de la déflation est en marche. Le PIB suisse va se resserrer en 2009 et en 2010, de plusieurs points. Et ceci pour une raison simple : les services financiers en ont pris un coup avec la super pub de l’UBS et avec la crise elle-même, et le reste de l’économie suisse, résolument exportatrice, prend de plein fouet le coup de frein historique de la consommation mondiale.
16:54 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : carroué, crise, incurie, laurent, milliards, suisse
10.05.2009
Des monnaies de plus en plus diaphanes
Évènement particulier durant la deuxième partie de la semaine passée : le trésor américain n’a pas trouvé preneur pour une portion importante de l’émission hebdomadaire de ses tranches de nouvelles dettes de l’Etat US.
Pas intéressant et trop risqué ont jugé les cheiks, les Chinois et d’autres investisseurs institutionnels pourtant en manque flagrant de produits financiers sûrs et garantis. La signature de l’État américain deviendrait donc de qualité médiocre aux yeux de certains, retour quelque part assez juste d’une politique du laisser-faire de quelques dizaines d’années couronnées par la présidence Bush 2 qui dans la catégorie des catastrophes mettra du temps à trouver son pareil. Voilà qui ne va pas arranger Barack dans sa guerre contre la crise, car qui dit doutes sur la signature de l’État dit dévaluation automatique de sa monnaie et recours imposé à la planche à billets.

Sur le plan européen, la situation n’est guère meilleure et en Suisse, la BNS use et abuse aussi, sans le crier sur les toits, des mêmes instruments pour contrer la crise : l’émission de monnaie à qui mieux mieux.
Il est clair que cette débandade ne pourra continuer sans risques majeurs pour les économies et l’indépendance même des pays riches. Car si les Etats se mettent eux aussi à jouer au jeu de l’avion à la place des banques, on n’est pas sorti de l’aéroport.
Sarkoléon a voulu s’emparer du G 2o comme d’un joyau de la politique internationale à mettre à son seul actif ou pas loin. Mais personne n’est dupe, le G20 qui aurait justement dû se pencher sur ce problème de masses monétaires n’a été qu’une aimable conversation autour d’une ” little cup of tea” de facture anglaise, bien évidemment.
A trop vouloir augmenter les masses monétaires globales, les pays dits riches voient de fait leurs monnaies respectives perdre de la valeur jour après jour. Et le temps des vautours ne va pas tarder.
18:24 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, endettement, géostratégie, monnaies, suisse, us treasury bonds, usa
15.03.2009
Le nouvel évangile selon PWC
PriceWaterhouseCoopers, un de ces géants du conseil et de la révision par qui le scandale des subprimes a été rendu possible, un parmi tous les fameux auditeurs consultants qui ont non seulement mis au point des normes comptables détonantes et stupides (IAS 39 notamment) mais qui ont tellement contrôlé qu’ils n’ont rien vu venir ni surtout rien vu dans les comptes des banques incriminées trouve opportunément un nouveau créneau : l’évangélisation par temps de crise.
C’est ainsi qu’à grand coups de publi reportages et autres flyers, les nouvelles tables de la loi selon PWC sont nées: elles s’intitulent “les 10 priorités fondamentales dans un contexte de crise ” et sont censées convaincre le brave peuple déprimé des entrepreneurs que la crise est parfaitement surmontable, grâce bien sûr à une application stricte de ces saints préceptes nouveaux et repensés.
Nouveaux, repensés, vraiment ? ou stricte application de la doctrine économique qui a conduit tous les pays et nombre d’entreprises dans le marasme actuel ?

Jugeons sur pièce.
Les nouvelles tables de la loi sont les suivantes :
- Regardez la situation de plus près
- Soyez résolu
- Gardez à l’esprit que «l’argent est roi»
- Concentrez votre attention sur l’essentiel
- Gérez vos coûts unitaires
- Exigez des informations fiables
- Envisagez différents scénarios
- Reconnaissez la valeur de votre personnel
- Pensez à vos partenaires
- Saisissez les opportunités
Le précepte 3 est caractéristique : “gardez à l’esprit que l’argent est roi” … on est certain qu’avec ce verset, les fidèles ne changeront pas .. et les honoraires de PWC seront payés.
14:10 Publié dans Développement durable | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : charité, crise, hôpital, pricewaterhousecoopers, principes, pwc, tables de la loi
10.03.2009
Implenia, ATS et mauvaises habitudes
Ainsi donc Implenia, la tentaculaire firme de construction helvétique née de très nombreuses fusions plus ou moins réussies fait dire ce matin par un communiqué de presse “qu’elle a pu accroitre sa rentabilité l’an dernier et faire grimper son bénéfice net de 64 % par rapport à l’exercice précédent“.
Titre du communiqué repris bêtement par l’ATS et de nombreux médias :”Implenia a pu accroître sa rentabilité en 2008 “. C’est très bien et alors ?
On dirait que les enseignements à tirer sur le champ des effets dévastateurs de la crise actuelle n’effleurent ni les médias traditionnels, ni l’ATS et encore moins les dirigeants de la firme à la marguerite éclatante.
Que l’on se préoccupe de la rentabilité d’une entreprise est une chose. Qu’en pleine crise on ne dise pas un mot sur autre chose que sur sa rentabilité est symptomatique de la génération des petits managers branchés sur leurs consoles de jeux et mâchouillant un chewing-gum.
Il faudra encore combien de bombes économiques pour qu’ils se mettent à réfléchir en termes globaux, sous l’angle d’un bilan social et écologique et non uniquement sous celui de la rentabilité.
Car qui dit rentabilité dit pour y parvenir “serrer les boulons”. Et quels boulons ? les prix de revient et au détriment de qui ? pas de l’actionnaire surtout, mais du travailleur et du sous-traitant en matière d’entreprise générale, puisque Implenia pratique ce sport rentable.
15:11 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ats, bilan, crise, enseignements, implenia, médias, rentabilité
19.01.2009
La BNS sur la pente savonneuse
Le 19 octobre 2008, le LIBOR à trois mois en Suisse ou sur le marché suisse était environ à 3 %. Trois mois plus tard (et quelques fantaisies de la BNS en plus…), il est toujours sur une courbe descendante à 0.55%, sans parler du taux spécial de refinancement Repo-Overnight qui lui était à 0.03 % le 16 janvier 2009.
Entre le 31 décembre 2007 et le 30 septembre 2008, date de son dernier bilan intermédiaire publié, la BNS a fait gonfler son bilan de 40 milliards de francs approximativement, ce qui constitue une hausse en pourcentage de l’ordre de 32 %, pour la quasi totalité destinée à prendre en pension (pudiquement dit, non, la pension de famille.. ) des titres et créances en US dollars qui ne valent rien ou du moins pas grand chose.
On remarquera que le sauvetage UBS (Saison 1) date du mois d’octobre 2008 au plus tôt et que les milliards consacrés à la société poubelle ne figurent donc pas dans le bilan au 30 septembre de cette même année.

On remarquera aussi, juste pour la clarté des comparaisons qui certes ne sont pas raison, que le total du bilan de la BNS au même 30 septembre 2008 est de l’ordre de 164 milliards de francs …. contre un total pour la trop fameuse moribonde UBS de l’ordre de 2′000 milliards, soit un rapport de 1 à 12 au moins : inquiétant ratio, par ailleurs plus que parlant.
Un dernier chiffre: le budget total de la Confédération pour une année entière est de l’ordre de 50 milliards de francs.
Mais d’où vient donc tout cet argent, puisque la BNS ne le possède pas ? la réponse est toute simple, notre institut d’émission l’emprunte sur le marché, ou plus précisément à deux endroits : chez l’oncle Sam ainsi que cela ressort toujours du même bilan et auprès de … la Confédération qui a octroyé à sa propre banque nationale quelques largesses en 2008 grâce aux liquidités du marché (15 milliards entre le 1er janvier et le 30 septembre 2008) qui remplissent les fameuses caisses fédérales ” toujours vides” lorsqu’il s’agit de dépenses intelligentes et sociales.
17:15 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bns, crise, déflation, gonflette, politique monétaire
16.01.2009
Cacophonie gouvernementale : limites de la concordance
En décembre 2008, l’actuel président de la Confédération Hans-Rudolf le magnifique jurait ses grands dieux qu’on ne verrait pas de sitôt une baisse de la TVA: exclu, avait-il annoncé, imaginant sans doute que de parler d’une telle hypothèse, même en cas de crise, viendrait en forte contradiction avec la votation populaire du 17 mai prochain sur …. l’augmentation de cette même TVA, même provisoire.
Même si l’un de ses qualités est de bien s’exprimer en français, le pétulante Doris a de son côté mis son grain de sel de ministre de l’économie (qui n’est pas simultanément ministre des finances, en Suisse …) dans la cacophonie gouvernementale totale existant actuellement sur la question du traitement de la crise : “tout est ouvert a-t-elle déclaré à la RSR ce matin, y compris une baisse de la TVA“.
S’il est un point sur lequel la fameuse concordance prônée par les conservateurs de tous poils et de toutes tendances est bien pesante, c’est celui du traitement de la crise actuelle.

La cacophonie tient lieu de message politique, chacune et chacun tirant la couverture à lui sans rien faire de concret et sans mesurer les justes risques que comporte l’actuelle situation économique du pays.
Même la Schlumpfette s’en mêle, comme ex-ministre des finances intérimaire …. tout en brandissant le bâton contre les fameux étrangers criminels … de troisième génération en Suisse.
Si l’on comprend bien Doris donc, si tout est ouvert, on peut rêver : à l’abandon de l’armée, à la vente et non à l’achat d’avions de combat, à la diminution des dépenses somptuaires et des règlementations débiles entrainant leurs cortèges de dépenses “collatérales” pour payer les surveillants des surveillants des … surveillants de première ligne.
17:23 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cacophonie, crise, doris, hans-rudolf, schlumpfette, suisse, tva.
11.10.2008
G7 : l’aimable course d’école
C’est fou ce qu’elle et ils ont l’air fiers sur la photo de famille, les ministres des finances du G 7 à Washington : arborant de belles cravates et des mines réjouies, avec l’éternel et rigolard guide de voyage Barroso, qui est de toutes les agapes tel un fidèle passe-plats, les braves ministres pensent sans doute avoir réinventé la roue et de façon historique.On sent comme une envie profonde de figurer aux futurs chapitres des livres d’histoire dans un moment tout aussi historique.
Mais voilà, ayant accouché d’une fameux plan en 5 points censé tout régler et calmer les esprits, il se trouve qu’il n’y a pas l’ombre d’une chance que cette “œuvre magistrale” change quoi que ce soit aux tourments actuels des places financières : d’abord, l’ensemble des points n’a rien de nouveau et surtout, ce ne sont qu’évocations littéraires et amusantes de grandes “non-idées”.
Car n’en doutons pas, aucun de ces responsables ne croit un mot de ce qu’il dit, et surtout ne va faire exactement ce à quoi il s’est engagé : chacun va continuer à faire ce qu’il veut.
07:02 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blabla, courses d'école, crise, foutaise, g7
10.10.2008
Choisir sa banque …
Alors que Mouhammar retire ses billes et nous fait le coup de la pompe sèche pour la deuxième fois en peu de temps (qu’il les garde ses dollars, il ne sont de toutes façons pas très propres politiquement parlant et qu’il fiche la paix aux deux pauvres pionniers helvètes pris en otage), la question qui sera dans quelques mois à l’ordre du jour, entre autres, sera celle du choix d’une banque pour y déposer quelques sous, ceux qui resteront après l’éclatement total du système que nous vivons actuellement.Et lorsque ce moment là sera venu, il serait utile de poser ouvertement la question de l’éthique, des garanties, de la façon de gérer, du système de rémunération des dirigeants et des marges de profits avant de décider où les petits sous vont atterrir.
Celle aussi de la concurrence, des prix surfaits de prestations et finalement du rapport qualité-prix, revu et corrigé à l’aune d’un système dans lequel la croissance ne sera plus la seule et unique reine.
Il sera alors essentiel de reprendre le contrôle des banques par là où ça fait mal, à savoir le jeu des exigences fermes posées par le client. Préparons-nous à renverser les rôles: de celui d’otage d’un système globalisé et arrogant il faudra passer à celui d’un partenaire soucieux de ses intérêts mais qui pose des exigences claires.
08:09 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : banque alternative suisse, bas, choix, crise, éthique, refondation
08.10.2008
Liquidité ? non solvabilité, malheureusement
On n’arrête pas de nous rabâcher les oreilles avec des grandes idées soi disant universelles: la crise actuelle n’est que financière (sottise no 1), la finance faisant partie de l’économie.D’ailleurs Opel et Ford en Allemagne ont mis en arrêt technique des usines en Allemagne et les faillites de concessionnaires d’automobiles se succèdent aux USA : ce ne sont pourtant pas des banquiers ou des banques, on ne sache.
Sottise no 2: la crise actuelle est une crise de liquidités, ça ne circule pas ou pas assez bien entre banques …. la crise de liquidités existe, mais elle n’est que la conséquence d’un mal plus profond, une véritable crise de solvabilité.
Pourquoi a-t-on si peur en “hauts lieux” que les banques explosent ? parce qu’on découvrira alors que leur bilan recèle très souvent des pseudo-actifs que personne ne comprend et n’a su évaluer, y compris les grands cabinets d’audit et les autorités de régulation. Elles ont acheté tout et n'importe quoi avec les dépôts de leurs clients, pire même, emprunté des sommes colossales pour financer des opérations fantomatiques.
Mais ce que disent les marchés aujourd’hui et depuis quelques jours, c‘est qu’ils considèrent les banques et certains Etats même (l’Islande par exemple) comme proches de l’insolvabilité. C’est bien joli de prétendre que l’argent manque, mais ceci est une contre-vérité. L’argent est là et il attend, tapi à l’ombre de quelques palmiers qui prennent date.
10:26 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, défaut, fmi de secours, illiquidité, insolvablité, liquidité, solvabilité
03.10.2008
Crise : il faut proposer des solutions
… et cesser de pleurer sans espoir et de s’énerver seul dans son coin.L’édition de ce vendredi 3 octobre de Médialogues sur RSR1 avait notamment pour fil conducteur le catastrophisme dans les médias et le rôle toxique du “tout négatif”. S’agissant du traitement de la crise économique et financière actuelle, il serait bien difficile pour les médias traditionnels de ne pas traiter du sujet, et il est tout aussi difficile pour eux d’annoncer d’excellents nouvelles réjouissantes. Mais sur ce point ils ne semblent pas en faute. C’est en tous cas ce que l’on a répondu à l’interrogation d’Alain Maillard lors d’une interview ce matin. Il est vrai qu’une certaine omerta empêche le public et même les médias de s’approcher de la véritable information pour pouvoir la décrypter, tant le complexe fortifié Conseil fédéral-BNS-grandes banques (pour la Siusse) se montre peu disert et opaque pour de bonnes ou de mauvaises raisons.
A l’heure actuelle, la Chambre des représentants US doit encore se prononcer une nouvelle fois sur le plan Paulson amendé, ou plutôt complètement revisité puisque ce quit tenait sur un document d’une page s’éparpille actuellement sur un “ouvrage” d’une centaine de pages. Ceci dit, même si (on en doute) le plan est voté, ce ne sera de loin pas suffisant.
Dans une conférence donnée hier à Vienne, l’ancien économiste en chef de la Banque Mondiale Joseph Stiglitz, par ailleurs Prix Nobel d’Economie 2001, estime en substance au sujet de ce plan Paulson qu’il ressemble à une transfusion sanguine qu’on ferait à un malade auquel on n’a pas encore suturé les artères … c’est dire s’il le prend au sérieux.
12:30 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : alain, crise, galland, interview, la première, maillard, martine


